Interview Jacques Rogge : “Le CIO n’est pas les Nations unies du sport”
mars 11, 2008 by Sam · Leave a Comment
Propos recueillis par Laurence Schreiner pour Le Figaro
EN ROUTE VERS LES JO DE PEKIN 2008 – Confronté à de nombreuses pressions à propos des droits de l’homme en Chine, le président du CIO justifie la réserve «politique» de l’institution.
Depuis le début de l’année, Jacques Rogge est un homme extrêmement sollicité. Le contexte des Jeux en Chine provoque des remous. Après le retrait du réalisateur américain Steven Spielberg, c’est une autre vedette, sportive cette fois, Pieter Van den Hoogenband, double champion olympique de natation, qui est monté au créneau, interpellant le président du Comité international olympique pour qu’il prenne position sur la question des droits de l’homme en Chine. Gardien du temple lausannois, l’ancien champion de voile, bientôt 66 ans, garde le cap.
LE FIGARO. Les pressions sur le CIO se font plus pressantes. Comment les vivez-vous ?
Jacques ROGGE. C’était inévitable. Mais cela ne veut pas dire que le CIO doit faire ce qu’on lui demande. Le CIO n’est pas une organisation politique ni une organisation non gouvernementale. C’est une organisation sportive dont la responsabilité est de faire en sorte que les athlètes aient les meilleurs Jeux possibles. Quelque 25 000 journalistes ont obtenu le droit de circuler librement et de faire de l’information. Ce n’était pas possible il y a deux ans. Ça, c’est déjà un acquis des Jeux. Donc, en soi, les Jeux sont un catalyseur de changements en Chine. Mais ne leur demandons pas de régler tous les problèmes. Et ne reprochons pas au CIO de ne pas obtenir plus que n’ont obtenu des générations d’hommes d’État.
Craignez-vous des démonstrations d’ordre politique durant les Jeux ?
Je ne peux rien exclure. La position du CIO est très claire. Les athlètes ont la liberté de s’exprimer. En 1980, j’étais chef de mission de l’équipe belge et je me suis opposé à mon gouvernement qui ne voulait pas qu’on aille aux Jeux de Moscou. Mais nous disons aux athlètes : pas de démonstration politique aux cérémonies d’ouverture et des podiums. Il ne faut pas que certains gâchent la fête des autres. Les 10 500 athlètes représentent 200 pays totalement différents, dont certains sont en guerre latente ou ouverte. Ce n’est pas de la censure ; c’est demander de respecter la dignité et l’ouverture des Jeux.
Le CIO ne peut-il pas s’impliquer plus sur la questionde droits universels ?
Nous ne devons pas entrer dans des domaines politiques. Si nous le faisions, nous nous aliénerions la possibilité de ce trait d’union entre tous les peuples. En 1980, les plus grands gouvernements et ceux qui faisaient l’opinion ne voulaient pas d’une participation des athlètes aux Jeux de Moscou. Nous avons été attaqués sauvagement et nous avons répondu : nous ne sommes là ni pour cautionner ni pour critiquer la présence de l’URSS en Afghanistan. Aujourd’hui, nous allons à Pékin, nous ne cautionnons pas le gouvernement chinois. À Londres, en 2012, ce sera pareil. Si nous voulons faire des jugements de valeur, nous arrêtons les Jeux.
N’avez-vous pas l’impression d’un malentendu sur ces sujets ?
Les gens ne se rendent pas compte que le CIO n’est pas les Nations unies du sport. Nous ne sommes pas les patrons du sport mondial. Nous avons une autorité morale, nous sommes cette espèce de grand parapluie sous lequel tout le monde peut se réfugier. C’est le CIO qui a commencé la lutte contre le dopage avant que l’AMA n’existe. Aujourd’hui, quand survient un problème dans le sport, je suis interpellé ! Les gens nous amalgament avec le gouvernement mondial du sport.
Peut-on attendre des avancées fortes en matière de lutte contre le dopageà Pékin ?
Quantitativement, certainement. De 3 500 à Athènes, nous allons passer à 4 500 tests à Pékin. Qualitativement aussi, car nous travaillons en et hors compétition. Nous allons cibler les athlètes en allant les chercher là où ils se trouvent avant les Jeux. C’est ainsi que nous avons pincé Kenteris et Thanou à Athènes (1). Nous possédons une liste noire d’athlètes dont la progression dans les performances est étrange, d’athlètes qui disparaissent de la circulation ou partent dans des pays d’accès difficile, d’athlètes que l’on sait de mèche avec certains réseaux. On contrôle ceux-là prioritairement. Ce serait le b.a.-ba d’un inspecteur de police : on a des indices, on va chercher.
De nouveaux tests pourraient-ils apparaître aux Jeux ?
Certains font des déclarations. Avec Dick Pound (l’ancien président de l’AMA), nous avions l’habitude de ne jamais dire quand un nouveau test serait mis en place. À Salt Lake City, en 2002, nous avions le test de l’Aranesp ( assimilé à l’EPO ) depuis deux mois sans en faire la publicité. Nous avons ainsi « chopé » trois champions olympiques parce qu’ils croyaient qu’ils ne risquaient pas d’être pris. Je dis aux athlètes : soyez prudent, ne faites pas de bêtises, parce que tout est possible.
(1) Les sprinteurs grecs s’étaient soustraits à deux contrôles antidopage à l’été 2004 avant d’essayer de fuir un nouveau contrôle à la veille de l’ouverture des Jeux d’Athènes.
Steven Spielberg boycotte les JO de Pékin à cause du Darfour
février 13, 2008 by Sam · Leave a Comment
Steven Spielberg avait déja écrit au président chinois au sujet du Darfour et menacé de quitter son role de conseiller artistique aux jeux Olympiques de Pékin. Devant l’inaction du gouvernement chinois le cinéaste américain a mis ses menaces a execution:
J’ai décidé d’annoncer formellement la fin de mon engagement en tant que l’un des conseillers artistiques étrangers pour la cérémonie d’ouverture et de clôture des jeux Olympiques de Pékin
Le gouvernement du Soudan porte l’essentiel de la responsabilité de ces crimes en cours mais la communauté internationale, et en particulier la Chine, devrait faire plus pour mettre un terme aux souffrances endurées par les habitants du Darfour
Par ailleurs, une lettre signée par plusieurs prix Nobel de la paix – dont Desmond Tutu et Shirin Ebadi – des athlètes, écrivains et acteurs demande au président Hu Jintao de faire pression sur le Soudan au sujet du Darfour.
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Steven Spielberg écrit au président chinois au sujet du Darfour
décembre 14, 2007 by Sam · 2 Comments
Le réalisateur américain Steven Spielberg (Indiana Jones, La Guerre des Mondes, Munich, Minority Report, Jurassic Park, E.T.) qui occupe également la fonction de conseiller artistique des Jeux olympiques de Pékin 2008, a adressé au président chinois Hu Jintao une lettre demandant à Pékin de faire pression sur son allié soudanais pour qu’il accepte le déploiement d’une force de maintien de la paix dans sa province du Darfour.
Dans cette lettre, écrite le 15 novembre mais rendue publique jeudi, le cinéaste affirme que la situation s’est détériorée dans la province de l’ouest du Soudan depuis une première missive adressée en avril au président chinois.
Je vous écris maintenant avec un sentiment renouvelé d’urgence, dans l’espoir que la Chine redoublera d’efforts pour faire pression sur le Soudan afin qu’il se joigne à un accord de paix équitable et qu’enfin il mette fin au génocide,
dit la lettre au président Hu Jintao.
Je vous en prie, exhortez le Soudan à accepter – et à faciliter rapidement – la force hybride autorisée par les Nations unies,
ajoute la lettre rendue publique par Andy Spahn, porte-parole de Spielberg.
La Chine, gros investisseur dans l’industrie pétrolière soudanaise, a été accusée de violer le droit international et d’attiser les violences en vendant au Soudan des armes qui ont été utilisées au Darfour.
Les cessez-le-feu conclus ont été rompus et le projet de déploiement de 26.000 hommes des Nations unies et compromis par les restrictions imposées par Khartoum et par l’absence d’hélicoptères, censés être fournis par les pays occidentaux.
En juillet déjà, Spielberg avait menacé de renoncer à ses fonctions aux JO de Pékin en raison de la situation au Darfour.

