La France organisera l’Euro 2016 de football… mais à quel prix ?

29 mai 2010 · Commenter 

La France a obtenu l’organisation de l’Euro 2016 de football en battant la Turquie 7 à 6 dans le vote final. Michel Platini (président de l’UEFA) et le président français Nicolas Sarkozy ont pesé de tous leur poids pour faire pencher la balance.

Dans ce match qui opposait vendredi à Genève la France, la Turquie et l’Italie, c’est cette dernière qui a été écarté en premier. Les 13 membres du comité exécutif de l’UEFA ont ensuite désigné la France avec une voix d’avance (7 contre 6) sur la Turquie. La France devient ainsi le seul pays qui se voit confié l’organisation de cette compétition pour une troisième fois (la France l’a déjà organisé en 1960 et en 1984).

Grand soulagement pour Michel Platini

Michel Platini, le président de l’UEFA, n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction, « un grand soulagement » pour la l’ancienne star des années 80 qui n’a jamais caché de voir cette compétition sur le sol français. Il exprime sa satisfaction dans la vidéo ci-dessous :

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(source vidéo : lequipe.fr)

Un manque de fair-play que le vice-président turc de l’UEFA, Senes Erzik, n’a pas manqué de dénoncer. Michel Platini a en effet présenté chacun des membres du Comité exécutif au président français Nicolas Sarkozy. Le président turc Abdullah Gül, qui a également fait le déplacement à Genève, a tout simplement été laissé de coté.

«Bien entendu que ce n’est pas normal. Il faut le faire pour tous les présidents présents. Platini a fait une erreur. Le président Sarkozy a parlé de fair-play, il aurait fallu organiser cela selon les règles du fair-play.»

a-t-il expliqué aux médias turcs présents à Genève.

Le rôle de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy avait fait le déplacement à Genève pour faire pencher la balance. « Le dossier Euro 2016 est un dossier politique prioritaire pour Nicolas Sarkozy » expliquait sur Europe1 Karim Nedjari, directeur des rédactions des sports de Canal+ et co-auteur de « Sarkozy, côté vestiaires » (Plon).

Rama Yade secrétaire d’Etat aux sports a également souligné le rôle décisif du président de la République : « La présence du président de la République est d’ailleurs un symbole fort de sa détermination. »

« On a tous mouillé le maillot. Moi, la ministre des Sports… J’aurais dû parler d’abord du président de la République, parce que vraiment il s’implique totalement dans cette affaire. On a beaucoup travaillé, ainsi qu’avec la secrétaire d’Etat. »

a déclaré pour sa part la ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot.

Un coût de 1,7 milliard d’euros

L’organisation d’une telle compétition a un coût très élevé. Le budget pour le dossier français est estimé à 1,7 milliards d’euros dont 40% proviendrait de l’Etat (les couts réels sont en général bien au dessus des estimations). Contrairement à une idée reçue, ces grandes compétitions internationales et surtout les compétition de football ne dopent pas l’économie. Une étude menée à la Bank of America-Merrill Lynch, qui s’est intéressé aux Coupes du Monde organisées entre 1954 et 2006, conclut en effet que la consommation ne bondit que le temps de la compétition, et les grands travaux se révèlent trop coûteux.

« De la Suisse en 1954 à l’Allemagne en 2006, les pays organisateurs ont en moyenne enregistré pendant l’année de la compétition une croissance économique inférieure à leur rythme habituel.
Le budget foot se construit au détriment d’autres postes, et, finalement, la stimulation de la Coupe du monde se dégonfle, »

peut-on lire dans ce rapport.

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