Et Domenech devint l’innocente victime…
L’affaire Anelka aura au moins fait deux heureux. Le premier à décrocher le gros lot est le journal L’équipe. Grâce à cette une de choc, le journal sportif a fait un magnifique coup qui restera dans les annales. Le second à bénéficier de ce psychodrame est Raymond Domenech. L’homme le plus haï de France vient de se refaire une virginité inespérée grâce au bad boy de Trappes.

Coup médiatique de génie de L’équipe
La plupart des journalistes qui travaillent à L’équipe n’aiment pas Nicolas Anelka, ce n’est un secret pour personne. Ils en avaient d’ailleurs fait leur tête de turc depuis les matchs de préparation. Petites phrases assassines, sous-entendus au détour d’un article, rumeurs pernicieuses sur sa sois-disant mauvaise attitude dans le vestiaire, tout était bon pour préparer l’opinion, qui une fois le coup de grâce asséné, ferait le reste pour avoir la tête du joueur. Si vous ne me croyez pas, relisez quelques articles et commentaires antérieurs au clash sur le site lequipe.fr. Profitez-en aussi pour jeter un coup d’œil aux avis des « experts » (un en particulier) dans la rubrique « café des sports ». Il faut dire que le joueur avait un passif qui ne plaidait pas en sa faveur. Ses nombreux écarts passés ne lui laissaient en effet aucune chance de s’en sortir. C’est d’ailleurs de cette époque que l’un des journalistes, auteur de l’article de samedi, tient une rancune tenace envers le joueur. Luis Fernandez explique en effet sur le plateau de l’émission « On n’est pas couché » du 19 juin sur France 2 que Nicolas Anelka, à l’époque ou il jouait au PSG, a giflé le journaliste en question et que l’article est un règlement de compte.
Le terrain savamment préparé donc, une occasion de rêve s’est présenté avec le clash du joueur avec Domenech. Là encore les propos tenus par le joueur ne sont pas exactement les mêmes que ceux rapportés par le journal. Ils n’étaient sans doute pas assez croustillants pour faire la une! L’histoire non plus n’est pas la même que celle rapportée. Et cela a été confirmé lors de la conférence de presse avec Escalettes et Evra. Par ailleurs, quand on voit la conférence dans son intégralité on apprend que le joueur s’est excusé auprès de ses coéquipiers et du staff mais n’était pas d’accord sur les excuses publiques. Vous ne verrez évidemment aucune mention de ça nulle part, il suffit pourtant de se procurer la conférence dans son intégralité, tout y est. Enfin pour finir la dessus, on a clairement sous-entendu lors de cette conférence qu’Anelka n’aurait pas été exclu si l’affaire n’avait pas fait la une du journal. Voila donc pourquoi je dis que c’est un formidable coup pour le journal. Ils ont atteint leur but, à savoir avoir la tête du joueur, avec au passage une publicité colossale et un numéro qui s’est arraché comme des petits pains.
La bonne affaire de Domenech
Cette histoire fait également le bonheur de Domenech qui hier encore était l’homme le plus haï de France et qui aujourd’hui passe presque pour une victime innocente. On ne parle plus en effet depuis deux jours du jeu de l’équipe de France ni de la responsabilité de son sélectionneur. Alors que cette histoire, et les autres qui sont encore à venir, ne font que montrer le manque d’emprise de cet homme sur ses joueurs, son manque de leadership, sa médiocrité tout simplement, de quoi parle-t-on ? de ces joueurs gâtés, pourris par l’argent et sans éducation ni savoir vivre qui n’ont aucun respect pour leur pauvre entraineur. Domenech aurait pu louer les services des meilleures agences de com’ du monde qu’il n’aurait pas réussi à obtenir une telle histoire pour détourner l’attention loin de lui ! J’ai d’ailleurs été effaré de voir qu’il n’a même pas eu le courage de venir à la conférence de presse de samedi alors qu’il en était l’acteur principal (petite parenthèse, Anelka voulait venir s’expliquer mais on lui a interdit)! On vit dans un tel monde de dingue que si par miracle la France réussissait à passer mardi on serait capable d’en faire un héros.
Pour conclure, je ne dis pas que Nicolas Anelka est un ange qui n’a rien à se reprocher, je dis juste que, outre le fait que certains en ont profité pour régler des comptes, tout a été fait pour en faire le parfait bouc émissaire, celui qui paie pour la faillite de tout le football professionnel français.
