Entretien avec Sébastien Bourdais

Je me permets de reproduire une interview accordée par Sébastien Bourdais à Sportweek (→).
Bon anniversaire…
Sébastien Bourdais : « Merci. Comme celui de ma maman était lundi (23 février), on a fait un tir groupé et on a amené la petite aux parents dans la Sarthe. C’était pas des vacances mais on a bien profité de cette réunion familiale. On déposera de nouveau la petite quand on partira en Australie pour le GP de Melbourne. Dès que la saison redémarre, la vie de famille se complique un peu. On ne plus se permettre de faire des allers-retours
Quel est votre programme avant l’Australie ?
La semaine a été tranquille avec le photo shoot pour l’écurie mercredi puis des tests physiques, jeudi. Hier je n’ai rien fais mais dimanche soir il faut que je sois en Italie avec Claire (sa femme, ndlr). La semaine prochaine on va mouler mon baquet pour la saison et on continue avec la révision du règlement. C’est la rentrée pour tout le monde ! Ensuite, place au déverminage, mardi. Je n’appréhende pas, il ne va pas se passer grand-chose. Ensuite, place aux choses sérieuses avec les essais à Barcelone (du 9 au 14 mars). Ca sera le premier roulage de la nouvelle auto, c’est une étape importante. Ces essais vont nous donner plusieurs indications et une vision plus claire de ce que peut être la saison.
Les nouveaux pneus et la nouvelle réglementation vont-ils tout bouleverser ?
Chaque fois qu’il y a un changement de réglementation, cela laisse forcement la porte ouverte à une redistribution des cartes. Il y a ceux qui vont mettre dans le mille et ceux qui vont se tromper. J’espère qu’il y aura un changement de hiérarchie mais je fais confiance aux grandes écuries pour vivre cette transition de la meilleure des manières. J’ai quand même bon espoir que ça bouge un peu.
L’objectif c’est de trouver de la fiabilité pour finir en Australie ?
On n’arrive pas en Australie comme en 2008 où on avait commencé avec la voiture de l’année précédente. Aujourd’hui, d’après ce que l’on sait, notre voiture devrait être performante. On n’avait pas le choix car il fallait tout revoir de A à Z. Après, on aura fait une seule et unique séance d’essais avec la voiture et cela risque justement de nous être préjudiciable au niveau fiabilité. On ne peut pas faire le même coup que l’an dernier et on se retrouve dans une démarche un peu opposée.
Avec Sebastian Vettel, la comparaison n’était pas forcément à votre avantage, comment se passe la cohabitation avec Sebastien Buemi ?
C’est un pilote issue de l’école Red Bull. C’est aussi un Suisse qui parle le Français que je connais plutôt bien. Il est très sympa mais aussi très rapide. Il vient de la formule GP 2 et il n’y a aucun problème entre nous.
Y-a-t-il une hiérarchie dans l’écurie pour 2009?
Non, il n’y a pas de n° 1 ou de n°2. Ce qui est sûr c’est que l’année dernière on a vécu deux saisons. Une première partie où j’étais à l’aise dans l’ancienne voiture (celle de 2007ndlr) ou, même si on se battait pour une 14e place, j’étais bien dans l’auto et c’était équilibré avec Vettel. Et puis la nouvelle voiture est arrivée. Elle était beaucoup plus performante mais je n’ai pas pu m’y adapter. Je n’ai que rarement trouvé des réglages me convenant et c’est devenu plus difficile. Il n’y a vraiment qu’en fin de saison où quelques développements aérodynamique m’ont permis d’aller plus vite. Le sport auto c’est une combinaison de l’homme et la machine, si le pilote n’est pas bien dans l’auto, il n’y a pas grand-chose à faire…
Etes-vous heureux d’avoir un volant avec Toro Rosso après une intersaison compliquée ?
Sans budget, le choix de l’équipe s’est tourné vers moi. Au fur et à mesure des décisions de la FOTA qui ont réduit les coûts, ils m’ont reconduit. Aujourd’hui on travaille de manière positive pour faire les meilleurs résultats possibles et je regarde vers l’avant. La F1 c’est un perpétuel recommencement. Il faut prouver en permanence ce que l’on vaut et être tout le temps là ».
Ces propos ont été recueillis par Matthieu Sustrac.
