Interview: Tony Estanguet sera le porte-drapeau de la France aux J.O. de Pékin
mai 1, 2008 by Sam · Leave a Comment
Tony Estanguet, double champion olympique de canoë-kayak, à Sydney (2000) et Athènes (2004), sera le porte-drapeau de la France aux J.O. de Pékin
Vous étiez-vous imaginé être le porte-drapeau français aux JO?
En fait, ces derniers temps, on m’en parlait souvent mais je ne voulais pas anticiper ce scénario. Il y a vingt ans, quand j’ai commencé le canoë, je n’aurais jamais imaginé ça. Participer aux Jeux et être champion olympique était déjà inimaginable… Quand Henri Sérandour (le patron de l’olympisme français) m’a remis le drapeau, je me suis senti un peu pataud, maladroit. Pour moi, le porte-drapeau, c’est le capitaine, celui qui représente la France. C’est incroyable, ça me touche. J’ai maintenant 99 jours pour apprendre à porter le drapeau. Mais j’ai vraiment du mal à réaliser qu’on puisse mettre Tony Estanguet à la tête d’une délégation olympique.
Parce que vous venez d’un sport peu médiatisé?
C’est avant tout une belle réussite pour le canoë. J’ai débuté tout petit dans un club (Pau) où je suis encore licencié. J’y ai appris beaucoup de choses, et pas seulement à faire du sport. Être porte-drapeau, c’est une belle récompense pour une discipline qui ramène des médailles à chaque olympiade. C’est une première victoire pour la famille du canoë. Et je suis fier d’y avoir participé.
Vous avez conscience d’être porte-drapeau dans un contexte particulier?
Bien sûr… Pour moi, le meilleur moyen pour que ces Jeux soient une réussite, c’est que le sport se réapproprie cet événement. Je suis contre les dérives qui ont émaillé le parcours de la flamme. S’attaquer au sport frontalement peut être dangereux. On doit être là pour faire avancer les choses. L’idée du badge s’inscrit dans cette logique. C’est le meilleur moyen d’expression. S’il n’est pas accepté, je ne sais pas ce qu’on va proposer. La commission des athlètes trouvera sûrement la mesure la plus pertinente.
Les porte-drapeaux français:
1924 – Paris: Georges Ivan « Geo » André, athlétisme
1928 – Amsterdam: la France ne participe pas au défilé
1932 – Los Angeles: Jules Noël, athlétisme
1936 – Berlin: Jules Noël, athlétisme
1948 – Londres: Jean Sepheriades, aviron
1952 – Helsinki: Ignace Heinrich, athlétisme
1956 – Melbourne: Jean Debuf, haltérophilie
1960 – Rome: Christian d’Oriola, escrime
1964 – Tokyo: Michel Macquet, athlétisme
1968 – Mexico: Christine Caron, natation
1972 – Munich: Jean-Claude Magnan, escrime
1976 – Montréal: Daniel Morelon, cyclisme
1980 – Moscou: Pas de défilé
1984 – Los Angeles: Angelo Parisi, judo
1988 – Séoul: Philippe Riboud, escrime
1992 – Barcelone, Jean-François Lamour, escrime
1996 – Atlanta: Marie-José Pérec, athlétisme
2000 – Sydney: David Douillet, judo
2004 – Athènes: Jackson Richardson, handball
2008 – Pékin: Tony Estanguet, canoë-kayak
